Les entreprises assez mobilisées pour la biodiversité ?

A l’occasion de la journée mondiale des océans, la CCI de France, la CCI du Morbihan et le réseau RespectOcean ont décidé de mettre à l’honneur la biodiversité au travers d’une journée pour impliquer les entreprises dans la préservation et la défense de cette cause.

Il y a peu, Nicolas Hulot déclarait à Marseille lors de son discours sur son Plan pour la biodiversité que la France allait prendre des mesures concrètes pour conserver durablement la biodiversité. Les acteurs économiques, les collectivités et les citoyens ont le pouvoir et le devoir de réagir afin de protéger et restaurer la nature dans toutes ses composantes. La biodiversité est un atout, notamment pour les entreprises mais quel lien existe-t-il entre biodiversité et entreprises ? C’est l’une des questions à laquelle plusieurs professionnels, dont Sylvain Boucherand PDG de B&L évolution et administrateur bénévole de l’association Humanité & Biodiversité, ont répondu lors d’une journée dédiée à la biodiversité et aux entreprises co-organisée par la CCI de France, la CCI du Morbihan et le réseau RespectOcean.  Des chefs d’entreprises sont venus témoigner et apporter quelques pistes d’actions pour s’adapter à ce cadre et en faire le moteur du changement de leur système de production. La biodiversité, un atout pour l’entreprise ?

Biodiversité : quels enjeux pour les entreprises ?

Avec la pollution, le changement climatique, la surexploitation des écosystèmes, l’artificialisation des milieux naturels, la destruction des habitats ou encore la dissémination d’espèces envahissantes, les activités humaines exercent de fortes pressions sur la biodiversité. En effet, nos sociétés sont directement dépendantes des « services écosystémiques », c’est-à-dire des biens et des services produits (gratuitement) par la nature, entraînant leur effondrement et même la disparition d’espèces comme les oiseaux et les insectes. Malheureusement, l’érosion de la biodiversité est un sujet qui ne mobilise que peu d’entreprises.  La biodiversité apparaît rarement dans les analyses de matérialité. Les entreprises sont donc invitées à s’inspirer du vivant pour élaborer des stratégies de réduction des impacts de leurs activités sur la diversité biologique. Cette démarche, appelée biomimétisme, est une véritable source d’innovation pour résoudre des problématiques industrielles ou organisationnelles voire même développer des solutions contre l’érosion de la biodiversité.

Les entreprises qui considèrent êtres concernées par la biodiversité ont déjà pris des engagements et mis en œuvre des stratégies pour la biodiversité, dont des TPE et PME. Il faut encourager les décideurs économiques à adopter un regard complet sur les risques liés à l’érosion des systèmes vivants qui concernent l’activité de leur société et de leur chaîne de valeur. Effectivement, selon les secteurs d’activité, les enjeux peuvent se trouver au sein des activités de l’entreprise ou alors indirectement tout au long de sa chaîne de valeur. Avec de la sensibilisation, on peut faire évoluer les pratiques et inciter les entreprises à s’engager plus fortement, notamment en s’appuyant sur deux outils de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) : la loi sur le devoir de vigilance adoptée l’année dernière et le reporting RSE, devenu en 2017 la « déclaration de performance extra-financière » et dont on a pu regretter que le critère « biodiversité » n’ait pas été précisé lors de l’évolution du dispositif. Ces deux éléments de RSE pourraient être utilisés, d’une part, pour éviter et réduire les impacts sur la biodiversité et les écosystèmes dans les filières mondialisées et, d’autre part, pour une meilleure analyse des enjeux de biodiversité et une plus grande transparence dans sa considération.

La prise en compte des multiples dimensions de la biodiversité est à mener en corrélation avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies. S’engager pour la biodiversité permet de contribuer à la mise en œuvre de ces 17 enjeux mondiaux. Les ODD permettent de sensibiliser les entreprises à l’érosion de la biodiversité mais pour l’atteinte de cet agenda international en 2030, un effort reste à faire du côté des acteurs économiques pour qu’ils se mobilisent aussi pour la recherche sur la biodiversité. Ce déficit de mobilisation peut s’expliquer par un manque de compréhension. En effet, certaines entreprises n’ont pas pris conscience que leurs activités ont un impact sur la faune et la flore aquatiques (pollution de l’air, rejet de déchets qui se retrouvent dans les écosystèmes marins…) et qu’elles peuvent y dépendre de manière indirecte pour leur approvisionnement en ressources ou leur fonctionnement. Selon une étude publiée par B&L évolution sur la mobilisation des entreprises françaises pour les ODD, les entreprises pionnières qui se mobilisent pour la biodiversité font très peu de R&D ou d’innovation sur ces enjeux. Leur implication passe d’abord par des actions de préservation des espèces et surtout des mobilisations à fort impact de communication. Pour innover sur de nouveaux marchés ou produits plus durables et mieux prendre en compte les écosystèmes, nous pouvons vous accompagner et définir ensemble un plan d’actions. Nous vous proposons de faire un état des impacts et du niveau de dépendance de vos activités vis-à-vis de la biodiversité. Notre vision vous permettra d’élaborer une stratégie plus durable.

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Publié dans Actualité B&L évolution, Actualité Biodiversité

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