Jour du dépassement : toujours plus tôt dans l’année

Cette année, le Jour du dépassement mondial tombe le 1er août 2018. Cette date, calculée par l’ONG Global Footprint Network, correspond au moment où la population mondiale a consommé la totalité des ressources naturelles que la Terre peut produire en un an. 

La population mondiale aura consommé le 1er août autant de ressources naturelles (eau, terre, forêts) depuis le début de l’année que la Terre peut renouveler en un an. Cette date est communiquée à la suite de la publication d’une étude menée chaque année par l’ONG Global Footprint Network qui tient compte de plusieurs empreintes écologiques liées aux activités humaines. S’ajoutent à cela les zones biologiquement productives remplacées par des infrastructures, ainsi que la quantité d’émissions de dioxyde de carbone, supérieure à la capacité d’absorption des océans et des arbres. À partir de cette date, l’humanité vivra donc « à crédit ». Il faudrait à la population terrestre l’équivalent de 1,9 Terre pour subvenir à ses besoins.

Le calcul du « earth overshoot day » se décline pour 200 pays et territoires à travers le monde. Le jour du dépassement français était le 5 mai 2018, soit trois mois avant la date planétaire et deux jours de gagnés par rapport à 2017. Le Global Footprint Network s’est associé à WWF France pour publier l’indicateur du jour de dépassement, alertant sur le fait que la France fait partie des 10 pays les plus endettés écologiquement parlant. Le territoire national demanderait 1,8 fois plus de ressources à la Terre qu’elle ne peut lui en procurer. « Le constat est clair : si la planète était une entreprise, elle serait en faillite », avait souligné le WWF. L’impact exercé par les humains et leurs activités sur la nature, notamment celles des entreprises, a été pris en compte dans la mesure de l’empreinte écologique. Depuis 2015, année de la signature de la COP21 à Paris, l’empreinte écologique de la France continue à être à la hausse.

La France entre en déficit écologique chaque année trop tôt depuis des décennies, creusant ainsi sa dette écologique et empruntant aux autres pays leurs ressources naturelles. Il n’est plus possible de continuer à ignorer les limites de la planète en opposant le développement économique à la protection de l’environnement, d’autant plus que les conséquences sont visibles : aggravation du changement climatique, déforestation massive, épuisement des sols, surpêche… Une grande partie de l’empreinte mondiale, composée à 60 % des émissions de gaz à effet de serre (GES), pourrait être réduite en réduisant les émissions de GES et en privilégiant la sobriété et l’efficacité énergétique, tout comme les énergies renouvelables. Il existe de nombreuses solutions pour agir à notre échelle en contrôlant par exemple nos déplacements, notre alimentation et notre logement. B&L évolution avait proposé quelques pistes pour diminuer votre empreinte écologique et ainsi réduire votre dépendance vis-à-vis du monde vivant et des ressources naturelles. Si vous ne savez pas par où commencer, contactez-nous !

Mais au fait, qu’est-ce que les limites planétaires et comment peut-on les dépasser ?

Chaque année, la Terre produit une quantité de ressources données, essentiellement sur sa surface : il s’agit de nouvelles ressources agricoles, forestières, halieutiques, ou des prairies. Ces surfaces sont plus ou moins productives en fonction des années, en particulier en fonction des conditions climatiques ou de la manière dont on les exploite. Si nous nous limitions à ces ressources, nous ne dépasserions pas la capacité à produire de la Terre. Or, nous puisons aussi dans les stocks existants. C’est par exemple le cas lors de l’artificialisation de terres agricoles ou de déforestation, qui réduit les surfaces productives ou en change leur affectation. C’est aussi le cas lors de la surexploitation des ressources halieutiques qui diminuent les stocks existants, mais c’est aussi et surtout le cas avec l’exploitation des ressources fossiles. Ces ressources stockées dans le sous-sol, sous forme de charbon, de pétrole ou de gaz naturel se retrouvent dans l’atmosphère sous forme de CO2. Pour ne pas perturber le cycle du carbone il est alors nécessaire de faire appel à une autre fonction des sols : le captage du CO2 par la photosynthèse. Cela nécessite donc d’avoir une partie des sols dédiés au stockage de carbone. Or nous ne disposons pas de cette surface supplémentaire, c’est cette deuxième planète qui permettrait de ne pas augmenter les concentrations de GES dans l’atmosphère.

En résumé, dépasser aujourd’hui la capacité à produire de la Terre, c’est utiliser le surplus issu du passé et réduire la capacité à produire future de la Terre.

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Publié dans Actualité Biodiversité, Actualité Climat

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