L’ONU rédige 10 mesures pour faciliter la mise en œuvre des ODD

En septembre 2015, 193 pays ont adopté à l’ONU le Programme de développement durable à l’horizon 2030. Celui-ci définit 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), à atteindre d’ici 2030 pour éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous. Plus encore, il fixe une trajectoire, une feuille de route. Les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les particuliers, dans le monde entier, doivent agir de concert.

Pour aider à réalisation des ODD, l’ONU a rédigé 10 mesures en s’appuyant sur l’expérience déjà acquise durant la réalisation des objectifs du Millénaire. Ces propositions résultent en partie d’une analyse de 4 pays qui se préparent à mettre en place le Programme de développement durable à l’horizon 2030 : l’Allemagne, l’Indonésie, le Mexique et l’Afrique du Sud.

Citoyens et pouvoirs publics concernés par ces mesures

  • L’importance des pouvoirs publics 

Jugé trop bureaucratique, inefficace voire contre-productif, le secteur public est depuis quelques décennies sous le feu des critiques. Ainsi, les coopérations avec des organisations non gouvernementales et le secteur privé ont été favorisées. Elles présentent des aspects positifs mais aussi des limites. La recherche de profit du secteur privé le mène souvent à combler seulement un intérêt personnel et les organisations non gouvernementales n’ont généralement pas les moyens de provoquer de grands changements sociétaux. Le secteur public reste un acteur clé efficace dans l’instauration d’une société plus harmonieuse et est incontournable.

  • Reconnaître l’importance d’une base de recettes suffisante et fiable

La mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable sera coûteuse pour les pays et notamment ceux en transition et en développement dont les autorités ne disposent généralement que de peu de moyens. Les États doivent avoir la capacité et l’autorité nécessaire pour mobiliser des recettes afin de développer des pouvoirs publics robustes. D’une part car des recettes suffisantes sont une condition sine qua none à la fourniture de services publics de qualité. Mais aussi car la responsabilité des élus à mobiliser ces recettes les encourage à rester attentifs aux préoccupations de leurs administrés qui ont, grâce au vote, le pouvoir de ne pas les reconduire dans leur fonction.

  • Établir et planifier efficacement des budgets 

Ici l’enjeu est d’avoir des procédures transparentes mais aussi d’impliquer au plus la population. Le budget est le document gouvernemental le plus important. Il est essentiel que l’institution responsable de la mise en place des Objectifs de Développement Durable travaille en étroite collaboration avec l’administration en charge du budget. Pour une planification efficace, il est essentiel de mobiliser un large éventail de citoyens et de s’intéresser à toutes les parties prenantes.

  • Vers l’autonomisation des citoyens 

Pour un gouvernement efficace, il est essentiel de mobiliser toute la population et pas seulement une partie comme c’est bien trop souvent le cas. Les plus défavorisés et marginalisés n’ont que peu ou pas d’influence sur les décisions des autorités nationales. Il est donc essentiel de développer des initiatives majeures visant à encourager l’autonomisation de tous les citoyens en particulier les plus défavorisés.

  • Responsabilité et transparence pour gagner la confiance des citoyens 

Pour que la population s’implique dans la société, il est essentiel qu’elle puisse comprendre le fonctionnement et les actions de son gouvernement. Les administrations locales ont une occasion unique d’établir une relation de confiance avec les citoyens et ainsi inverser la tendance croissante à la désillusion des citoyens envers les institutions gouvernementales.

  • L’importance des capacités locales

Un pouvoir décentralisé, organisé autour d’administrations locales efficaces permet de mobiliser plus rapidement des ressources pour le développement économique local qu’un pouvoir centralisé ne pourrait le faire. En effet, lorsque le pouvoir reste centralisé au sein des gouvernements et dans les capitales, les autres communautés éprouvent souvent beaucoup de difficultés à créer un environnement favorable au développement économique et communautaire. Une corrélation est observée entre les dépenses infranationales et le développement économique national.

  • Des capacités de gestion et de système d’information indispensables

Il n’existe pas de structure optimale pour les gouvernements nationaux. Non seulement on observe des modèles très différents d’un pays à l’autre mais en plus la répartition des rôles et responsabilités entre les gouvernements centralisés et les administrations locales est fréquemment ajustée.

Cependant, on peut constater que la capacité de gestion de presque tous les gouvernements pourrait être considérablement renforcée. Dans certains cas on manque de personnel suffisamment formé. On peut aussi souligner la lenteur des gouvernements à fournir des informations aux citoyens. Les systèmes de gestion se doivent d’être effectifs pour préserver la confiance des citoyens et concrétiser les objectifs de développement durable.

  • Renforcer les partenariats entre les gouvernements locaux et centraux

L’importance des administrations locales dans la concrétisation des objectifs de développement durable est forte. Il est donc primordial de renforcer leur capacité d’agir efficacement mais aussi que les institutions gouvernementales les appuient fermement par des lois d’habilitation permettant de développer leur autonomie. La mise au point et la maintenance de systèmes gouvernementaux décentralisés efficaces doit répondre à une importante préoccupation locale.

  • Renforcer les coalitions entre la société civile et le secteur privé

Le secteur privé contribue de manière importante au développement et au bien-être des pays et il parvient même à façonner les politiques et les actions des administrations nationales et locales. Depuis quelques années, les organisations de la société civile ont commencé à faire de même. Il est tout de fois nécessaire que ces deux acteurs collaborent avec les gouvernements afin d’identifier le moyen le plus efficace de fournir des services aux citoyens de chaque communauté.

  • Reconnaître la complexité et la fragilité des processus de réforme

Le processus de réforme des politiques est une tâche complexe et difficile. Les négociations se font entre des groupes aux intérêts parfois très divergents ou même motivés par un désir solide de maintenir les politiques existantes. Il est donc essentiel que les personnes impliquées dans la réforme reconnaissent que ces mesures exigent souvent beaucoup de patience et un engagement à long terme qu’il est important de maintenir.

Pour B&L évolution, ces propositions rappellent la place centrale de l’État tout en mettant en exergue que la contribution des entreprises est également nécessaire à l’atteinte de ces objectifs. C’est par aussi, pour ces dernières, une grande opportunité pour leur développement stratégique et pour leur responsabilité sociétale d’entreprise.

Nous avons ainsi réalisé un guide à destination des entreprises : « Entreprises, contribuez aux Objectifs de développement durable ! » ainsi qu’une étude sur la prise en compte des ODD par les grandes entreprises « Les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies : les entreprises se mobilisent ! ».

Et vous, comment contribuez-vous aux ODD ?

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Publié dans Actualité RSE & Environnement

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