Nuit des étoiles : un événement de sensibilisation à la pollution lumineuse

L’Association Française d’Astronomie organise depuis 1991 les Nuits des étoiles rassemblant le temps d’un weekend des astronomes amateurs et professionnels partout en France. Pour cette édition 2018, ces nuits auront lieu les 3, 4 et 5 août, durant lesquelles plus de 400 manifestations sont attendues. L’observation des étoiles est une expérience à ne pas manquer quand l’occasion se présente, pour peu que le ciel soit dégagé et préservé de la pollution lumineuse.  1/3 de la population mondiale n’a pas accès à la voie lactée et ne distingue que les quelques étoiles les plus lumineuses. Pour profiter d’un ciel étoilé intéressant, il faut s’éloigner jusqu’à 30km environ de tous pôles urbains (et halos lumineux). Outre la beauté du ciel dégagé, l’obscurité est indispensable également pour l’équilibre des écosystèmes mais aussi pour notre sommeil et notre bien-être.

De nombreux événements sont organisés tout au long de l’année pour sensibiliser autour de la problématique de la pollution lumineuse, de la protection de la biodiversité nocturne et du ciel étoilé. Durant le Jour de la Nuit, les communes françaises sont invitées à éteindre les lumières durant une période de la nuit. Lors des Nuits sans lumière sur l’île de la Réunion, une extinction de l’éclairage est programmée sur un mois pour permettre l’envol des pétrels, la nidification des tortues marines et aussi sensibiliser la population à la pollution lumineuse. Les réserves internationales de ciel étoilé (RICE) sont de nouveaux territoires qui permettent de voir le ciel. A noter également deux dates pour l’astronomie : le 27 juillet se déroulera l’éclipse de lune la plus longue du siècle (elle sera à son apogée à 22h20) et le 12 août auront lieu les perséides, des pluies d’étoiles filantes d’environ 100 météores/heure au zénith dans les meilleures conditions d’obscurité.

La sobriété lumineuse pour pallier à la pollution lumineuse

Afin de limiter les nuisances lumineuses et les consommations d’énergie, les enseignes et magasins sont tenues d’éteindre les lumières de leurs vitrines et devantures entre 1h et 6h du matin en France. Une grande première qui non seulement permet de profiter du ciel étoilé mais aussi de faire des économies. En effet, la lumière représente une consommation non négligeable d’énergie électrique. En France, il existe 15 millions de points lumineux et l’éclairage public représente 40% des factures d’électricité.

Pour pallier à la progression de la pollution lumineuse et de ses impacts, il est important de se poser les bonnes questions et de viser une sobriété lumineuse. De quelle manière ? En intégrant notamment en amont, dès le début des réflexions stratégiques de mise en lumière, les véritables besoins et les questions d’environnement nocturne dans tous le processus d’éclairage.

Plusieurs moyens permettent de viser une sobriété lumineuse, notamment en :

  • maîtrisant au mieux les flux lumineux,
  • adaptant les éclairages aux véritables besoins,
  • limitant les couleurs de températures trop élevées (inférieures ou égales à 3000°K max) :
  • réalisant des extinctions, principalement au moment de se coucher, ce qui améliore le bien-être (meilleur sommeil dans le noir)
  • utilisant des horloges astronomiques.

Les entreprises ont aussi un rôle à jouer, qu’il ne faut pas négliger, dans la réduction de la pollution lumineuse, car en plus d’éteindre les enseignes, elles peuvent :

  • Définir de nouvelles stratégies d’éclairages, avec une meilleure maîtrise des flux lumineux mais aussi des coups (investissements/économie/santé & confort/environnement)
  • Installer des détecteurs de présence pour ne plus laisser les bureaux éclairés
  • Mettre en place modulation des températures de couleurs dans les bureaux (variabilité des spectres lumineux au cours de la journée) pour un meilleur confort des collaborateurs et limiter les incidences sur la biodiversité
  • Adapter les horaires d’éclairages des parkings (avec la possibilité d’installation de détecteur pour les entreprises qui travaillent de nuits).
  • Réfléchir au type d’ampoule qui soit le moins énergivores possibles mais qui soit respectueux de l’environnement et du bien-être des salariés

Beaucoup de solutions sont aujourd’hui disponibles pour améliorer les conditions de l’environnement nocturne et ainsi limiter la pollution lumineuse, mais il est encore essentiel aujourd’hui de continuer la sensibilisation du public et des acteurs sur la pollution lumineuse, l’environnement nocturne, la biodiversité ou encore l’astronomie. Il faut continuer d’accroître des connaissances, de s’inspirer des études françaises et internationales pour comprendre et lutter contre la pollution lumineuse.

Avec des gestes simples à intégrer au quotidien et à reproduire, que l’on soit citoyen ou grande structure on peut faire bouger les choses pour un futur meilleur !

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Publié dans Actualité Biodiversité

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