Longtemps sous-estimée dans l’analyse des risques, l’eau s’impose désormais comme un facteur majeur de vulnérabilité pour l’économie et les territoires. En 2022, une année de sécheresse importante, 97% de la France métropolitaine a été soumise à des restrictions d’usage de l’eau dont plus de la moitié au niveau de “crise”. Sécheresses prolongées, inondations soudaines, pollutions diffuses : les crises hydriques se multiplient et s’intensifient, fragilisant des secteurs d’activité entiers comme l’agriculture et l’agroalimentaire, l’industrie ou encore l’immobilier.

Pour les caisses régionales des banques, ces événements se traduisent directement dans leurs portefeuilles d’actifs avec des impacts qui varient selon les secteurs et les territoires. Les secteurs cités ci-dessus sont par exemple fortement touchés dans des régions particulièrement exposées comme l’Occitanie ou la Provence-Alpes-Côte d’Azur.

La raréfaction de la ressource et la multiplication des aléas hydriques exposent ainsi les caisses régionales à des risques majeurs. Les sécheresses provoquent des pertes agricoles considérables dans le Sud-ouest. En Occitanie par exemple, certaines exploitations ont enregistré des baisses de rendement allant jusqu’à -40 % en 2022, fragilisant directement les filières agroalimentaires régionales. À l’inverse les épisodes de pluies extrêmes causant des inondations endommagent les infrastructures, biens immobiliers et outils de production. Les dommages assurés dus aux inondations s’élèvent en moyenne à 520 millions d’euros par an.

Combinés, ces risques constituent une menace systémique pouvant altérer durablement la rentabilité des emprunteurs, accroître les défauts de remboursement et engendrer une dépréciation des actifs financés.

Identifier et gérer les risques hydriques

Si l’eau représente une opportunité, elle constitue avant tout un risque à intégrer dans les décisions financières. Les caisses régionales peuvent s’appuyer sur des analyses des enjeux territoriaux mais également des systèmes de suivi et de gestion des risques hydriques pour protéger leurs portefeuilles. Cela inclut par exemple de s’intéresser à la cartographie de la vulnérabilité du territoire, au suivi des restrictions d’usage de l’eau, à analyser les impacts et dépendances des emprunteurs sur la ressource ou alors à faire des stress tests pour simuler l’impact de scénarios futurs sur les sécheresses et les inondations afin d’anticiper les impacts sur la rentabilité des portefeuilles.

Des opportunités stratégiques pour réinventer l’accompagnement territorial

L’eau n’est pas seulement un facteur de risque, elle constitue aussi un levier d’action et un vecteur de différenciation. Grâce à leur ancrage local et leur proximité avec les acteurs, les caisses régionales sont idéalement placées pour accompagner la transition hydrique des acteurs économiques de leurs territoires. Elles peuvent soutenir des initiatives de résilience (irrigation raisonnée, réutilisation des eaux usées, restauration de zones humides, etc.) tout en favorisant l’évolution des filières vers des pratiques plus sobres et plus régénératives. Ces actions contribuent à réduire la dépendance à l’eau et à renforcer la capacité d’adaptation des acteurs face aux aléas.

Au-delà de l’accompagnement opérationnel, les caisses régionales peuvent innover dans leurs offres financières. Prêts à impact conditionnés à la performance hydrique, obligations locales dédiées à la gestion durable de la ressource en eau ou solutions d’assurance climatique couvrant les aléas hydriques permettant de transformer la gestion de l’eau en un véritable outil stratégique. En valorisant ces démarches, les caisses régionales affirment leur rôle de partenaires de la gouvernance territoriale de l’eau, aux côtés des collectivités et des entreprises.

Intégrer systématiquement le risque et la dépendance hydrique dans les décisions de financement et d’investissement ne sécurise pas seulement les portefeuilles, cela renforce également la résilience des territoires et ancre durablement la stratégie des caisses dans des enjeux concrets et immédiatement perceptibles.

Intégrer l’eau au sein de la gouvernance territoriale et financière

Pour les caisses régionales, l’enjeu est double : elles doivent à la fois anticiper les risques liés au stress hydrique et saisir l’opportunité de renforcer la résilience des acteurs qu’elles financent et des territoires. En intégrant l’eau au cœur de leurs décisions, elles protègent la valeur de leurs portefeuilles, accompagnent les transitions nécessaires et affirment leur rôle au service de l’économie locale.

BL évolution, accompagne les acteurs financiers pour évaluer leurs risques, identifier les opportunités et construire des stratégies adaptées aux spécificités locales. Si vous souhaitez renforcer votre approche, nous serions ravis d’échanger avec vous.