Publié le 20 novembre dernier, le rapport de Greenpeace Les dessous toxiques de la mode accuse 20 grandes marques de polluer les eaux par l’utilisation de produits toxiques reconnus comme étant des perturbateurs endocriniens.

“Au cours du mois d’avril 2012, les équipes de Greenpeace ont acheté des vêtements de 20 grandes marques du prêt-à-porter et les ont analysés. Les tests en laboratoire ont révélé que de nombreux vêtements contenaient des ethoxylates de nonylphénol. Cette substance toxique se dégrade en un composé encore plus dangereux, qui est aussi un perturbateur endocrinien” déclare-t-on chez Greenpeace.

Si les risques directs pour la santé de ceux qui portent ces vêtements ne sont aujourd’hui pas avérés, il est clair selon l’étude de Greenpeace que ces substances chimiques libérées dans l’environnement ont de nombreuses répercussions sur la santé humaine et sur d’autres organismes.

En Chine, 70% des rivières, des lacs et des réservoirs sont touchés par la pollution des eaux, et ce en partie à cause du cycle toxique du textile :

Pour réaliser cette nouvelle étude, les équipes de Greenpeace ont acheté 141 articles de 20 marques différentes dans des points de vente autorisés de 29 pays et régions du monde.

Principaux résultats :

“La présence d’éthoxylates de nonylphénol (NPE), un sévère perturbateur endocrinien a été détectée dans 89 articles (63 % des articles analysés). Au total, 10 % des échantillons dépassent par ailleurs le seuil de 1 000 mg/kg imposé par la législation européenne pour la fabrication de vêtements – mais pas pour l’importation.

Autre perturbateur endocrinien, les phtalates ont été détectés dans les 31 échantillons de plastisol (plastifiant utilisé pour enduire les tissus (simili-cuir, skaï…)) dont quatre en concentrations très élevées (jusqu’à 37,6 % du poids) : deux sont de la marque Tommy Hilfiger, un de la marque Armani et un la marque Victoria Secret.

Par ailleurs, des articles de la marque Zara contenaient des colorants azoïques, colorants libérant des amines cancérogènes.

Suite à ce constat alarmant, Greenpeace “demande aujourd’hui aux marques :

– De promouvoir un futur sans produits toxiques et de collaborer avec tous leurs fournisseurs afin d’exclure les produits chimiques dangereux de leur chaîne d’approvisionnement et de leurs produits.

– De remplacer ces produits dangereux par des alternatives plus sûres.

– De faire la transparence sur les pratiques de leurs fournisseurs car les personnes qui vivent à proximité des usines et des rivières ont le droit de savoir ce que contient l’eau.”

Il ne reste plus qu’aux grandes firmes de la fast-fashion à réagir et intégrer cet élément dans leur politique RSE.

Lire le résumé du rapport en français

Sources : www.greenpeace.org, lemonde.fr