Le changement climatique génère un impact sur l’économie. source de risques financiers pour les entreprises. Le secteur financier a donc un rôle fondamental pour accélérer la transition vers une économie bas carbone à travers tous les financements opérés. La Banque de France contribue à cela à travers ses missions en animant le réseau mondial pour le verdissement du secteur financier et en participant à la réflexion pour le verdissement de la politique monétaire.

 De l’évaluation de la santé financière à la performance carbone

La Banque de France est une institution indépendante dont les missions sont d’assurer la mise en œuvre de la politique monétaire européenne à l’échelle nationale ainsi que le contrôle des banques et assurances. Actuellement, elle évalue les entreprises sur leur capacité à honorer leurs engagements financiers selon les encours de crédits, les défauts de paiement, problématiques judiciaires ainsi que toutes les informations relatives au secteur d’activité.

 

Depuis 2022, la Banque de France teste un nouvel indicateur climatique auprès de plusieurs échantillons d’entreprise en commençant par une dizaine d’entreprises ; depuis 2023, elle a également effectué ce test sur 500 entreprises dont le CAC 40 et des entreprises très polluantes. D’ici 2030, la Banque de France espère généraliser son indicateur climat aux 300 000 entreprises françaises qui réalisent plus de 750 000 euros de chiffre d’affaires.

Cet indicateur s’appuie sur la méthode ACT, qui est une base méthodologique robuste développée par l’ADEME pour construire et évaluer la stratégie climat d’une entreprise.

Les critères évalués par l’Indicateur Climatique

Le risque de transition : critère indiquant la trajectoire de réduction des émissions de GES suivie par l’entreprise. Il est question ici de mesurer et comparer ses émissions par rapport au secteur d’activité concerné et voir son avancement par rapport à la trajectoire de référence développée par l’ADEME avec la méthode ACT. Afin d’obtenir une bonne note, l’entreprise devra donc cartographier ses risques de transition, identifier les leviers de décarbonation et mettre en œuvre des actions de réduction.

Le risque physique : critère indiquant le degré d’exposition aux aléas climatiques. L’entreprise devra donc évaluer son exposition aux risques physiques liés au climat actuel et futur (canicule, incendie, inondation, submersion marine etc.). Ces risques peuvent varier en fonction de l’activité de l’entreprise, de la localisation et du contexte géographique de ses sites, ainsi que de l’ensemble de sa chaîne de valeur (fournisseurs, clients, partenaires, infrastructures / réseaux …)

La maturité : critère déterminant la capacité de l’entreprise à appréhender le risque climatique. Ici, l’entreprise est scrutée sur la fiabilité des données communiquées, la transparence sur ses engagements et la manière de les respecter et les mettre en œuvre. 

L’impact sur les entreprises

Le souhait de la Banque de France est de simplifier la multitude de questionnaires ESG effectués par les organismes financiers que ce soit la Banque de France elle-même, la BPI ou d’autres banques. Les informations climatiques seraient centralisées directement à la Banque de France à l’image de la cotation financière, ce qui simplifierait les démarches. Cela évitera la crainte d’un alourdissement administratif des multiples demandes que reçoivent les entreprises.

Conseils pour les entreprises : Comment se préparer

L’enjeu est important pour les entreprises ! Une mauvaise note sur ce nouvel indicateur pourrait se traduire par la difficulté à trouver des investisseurs ou obtenir des prêts. Néanmoins, cet indicateur s’inscrit dans un contexte où l’on demande davantage d’exemplarité aux entreprises sur leurs impacts environnementaux, à l’image de la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) qui va être prochainement transposée en France. Cet indicateur sera également une réelle source d’opportunité et un moteur pour renforcer la transition environnementale des entreprises à la fois sur le volet d’atténuation (réduction des émissions de GES), et d’adaptation au changement climatique. 

Il est aujourd’hui indispensable pour les entreprises d’intégrer les notions environnementales au coeur de leur stratégie, à la fois pour : 

  • Des raisons de marché et de financements : ceux qui prennent de l’avance sur ces sujets aujourd’hui seront les leaders de demain et les plus attractifs
  • Des raisons opérationnelles : le changement climatique et l’ensemble des enjeux environnementaux posent des risques sur la pérennité de l’ensemble des supply chains des différents secteurs économiques.

 Cet indicateur fait partie des nouveaux éléments d’évaluation de la stratégie RSE qui ouvrent de nouvelles opportunités pour s’améliorer et remettre en question le modèle des entreprises. Le cadre de reporting étant le même partout en Europe, c’est une l’occasion de  se transformer et aller de l’avant sur le plan environnemental et social !

BL Evolution accompagne depuis plusieurs années les entreprises sur ces questions autour de la stratégie environnementale, et en particulier grâce à la méthodologie ACT, sur laquelle est basée l’indicateur de la Banque de France. Parlons-en !