La Première Ministre Elisabeth Borne a présenté aujourd’hui la troisième Stratégie Nationale Biodiversité 2030 (SNB). Il faut saluer ce lancement tant attendu et l’ambition d’un certain nombre d’objectifs affichés, car le bilan de la SNB 2 a été décevant… Des actions fortes et résolues sont nécessaires pour stopper la perte de biodiversité dans le monde – et bien sûr en France – que les acteurs de terrain constatent quotidiennement.

On peut retenir de l’intervention de la Première Ministre, puis des échanges avec le Ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires Christophe Béchu et la Secrétaire d’Etat à la biodiversité Sarah El Haïry, d’une part, la matérialisation des engagements pris en juillet par la Première Ministre devant le Conseil national de la transition écologique, avec une volonté de travailler sur la réduction des pressions sur la nature, d’accélérer la restauration de la biodiversité; d’autre part, l’augmentation des moyens financiers et humains accordés à sa protection, ou encore une sensibilisation toujours plus large du public, notamment des jeunes, à la richesse des écosystèmes dont notre société dépend.

Cette stratégie est également la réponse de la France à l’accord mondial pour la biodiversité adopté en décembre 2022 lors de la COP15 biodiversité. Elle place la France parmi les premiers pays à se doter d’une telle stratégie.

Pour éviter les écueils qui ont été ceux des précédentes SNB, la mobilisation large de l’ensemble des acteurs sera essentielle, en particulier les entreprises et les institutions financières, tout comme se doter d’une gouvernance qui permette d’agir, et d’agir vite, avec la société civile. Le fait que cette stratégie puisse être coordonnée par le Secrétariat Général à la Planification Écologique est également une bonne nouvelle afin d’assurer un portage interministériel et de venir compléter la planification écologique.

Couverture de la Stratégie Nationale Biodiversité

Embarquer toutes les entreprises et institutions financières dans la préservation de la nature

La mise en œuvre ne se fera qu’avec les acteurs économiques, qui ont tout intérêt à intégrer la biodiversité dans leur stratégie.

La SNB vise à favoriser la prise de conscience des acteurs économiques de toutes tailles afin qu’ils identifient leurs dépendances à la nature et les impacts de leurs activités sur la biodiversité, adaptent leur modèles économiques et l’allocation des ressources financières. On ne peut que se réjouir de ce but !

Le premier axe concerne la réduction des pressions qui s’exercent sur la biodiversité; les mesures 12 à 18 traitent de l’accompagnement des secteurs économiques prioritaires : les secteur agricole, la pêche, l’aquaculture, les infrastructures énergétiques, la construction, le transport ainsi que le tourisme, la culture et le sport. Le deuxième axe quant à lui a pour ambition de favoriser la restauration de la biodiversité.

 

Le troisième axe concerne la mobilisation des acteurs. La mesure 31, “accompagner les entreprises dans la transition de leur modèle  économique”, regroupe les actions pour l’ensemble des entreprises :

  1. Favoriser le déploiement des obligations de transparence et reporting extra-financier ambitieux (CSRD, article 29 de la loi énergie et climat, TNFD) des entreprises.
  2. Accompagner les moyennes et petites entreprises dans une meilleure connaissance et prise en compte de leurs impacts et dépendances vis-à-vis de la biodiversité.
  3. Faciliter le diagnostic de leurs enjeux biodiversité en fonction de leur taille et secteur : des outils ont été développés entre autres par Bpifrance, l’Ademe et l’Office Français pour la biodiversité (OFB), avec des dispositifs comme Entreprises Engagées pour la Nature (EEN) ou Science-based Target pour la Nature (SBTn).
  4. Mobiliser les filières et fédérations professionnelles pour faire effet de levier.

Enfin, au sein de l’axe 4, qui vise à garantir les moyens d’atteindre les ambitions de la SNB, on retrouve la mesure 39, qui vise à “mobiliser les financements privés en faveur de biodiversité” : systématisation du reporting et la communication des impacts biodiversité, évolution des produits d’épargne. Plus de transparence et une meilleure intégration des enjeux de biodiversité qui conduira progressivement à un meilleur alignement des flux financiers avec les objectifs environnementaux.

Un déclin accéléré de la biodiversité dû aux activités humaines, Stratégie Nationale Biodiversité 2030

Aller plus loin pour mettre la biodiversité au cœur de la transformation des business models ?

Si ces annonces vont dans le bon sens, les entreprises doivent aller plus loin sur certains points :

  • Intégrer la biodiversité dans les processus d’innovation afin de faire évoluer les produits et services, mieux éco-concevoir, travailler en cluster…
  • Mobiliser le dialogue social via les CSE sur l’évolution nécessaire des métiers vis à vis des enjeux de biodiversité
  • Mobiliser les achats et l’accompagnement de sa chaîne de valeur amont et aval
  • Imaginer des nouveaux business models qui réduisent au maximum les pressions sur la nature et contribuent à sa régénération

La SNB 2030 et ses objectifs traduisent aujourd’hui une prise de conscience collective de l’importance de la biodiversité dans l’agenda politique actuel. Ce mouvement doit être suivi et repris par les entreprises et institutions financières, qui continuent de se saisir des cadres et outils déjà disponibles afin de se préparer aux changements à venir et assurer la résilience de leur business model.

 

Se positionner en leader responsable sur ces sujets, c’est également répondre aux attentes de toujours plus de consommateurs, d’investisseurs, de parties prenantes… Et surtout de prendre les devants pour relever le défi mondial de la préservation de la nature.

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